La version 5.1 des exigences additionnelles FSSC 22000.

Publication en novembre 2020.

Comme presque tous les automnes, les exigences additionnelles FSSC 22000 ont été mises à jour et bonifiées, mais surtout précisées. Ces précisions concernent surtout le secteur de la transformation. La seule surprise, à mon niveau, c’est que j’auditais déjà plusieurs de ces exigences selon les mises à jour 5.1. Ce qui démontre que le gros bon sens et la proactivité restent un atout précieux en consultation, coaching et audit!

Quinze exigences additionnelles

Parmi les quinze exigences additionnelles, onze s’appliquent à la transformation, soit la catégorie C.

Les exigences additionnelles inchangées.

Les libellés de la défense alimentaire (2.5.3), l’atténuation de la fraude (2.5.4), l’utilisation du logo FSSC (2.5.5), la gestion des allergènes (2.5.6) et la surveillance environnementale (2.5.7) restent les mêmes.

Les précisions.

2.5.1    Gestion des services et matériaux achetés

La gestion des intrants ont été ajoutés. L’exigence additionnelle 2.5.1 a) précise qu’il faut s’assurer que les résultats d’analyses proviennent de laboratoire interne ou externe ayant la compétence pour lequel son service est utilisé.

Avec la précision de la version 5.1, il est sous-entendu que les laboratoires internes, s’ils sont utilisés pour des analyses en lien avec la sécurité alimentaire, doivent aussi avoir la «capacité de produire des résultats d'essai précis et reproductibles en utilisant des méthodes d'essai validées et de meilleures pratiques».

L’exigence 2.5.1 b) précise qu’il doit être prévu dans une procédure d’achat documentée (donc écrite) la façon dont l’entreprise s’assure d’acheter des services ou des matériaux qui répondent aux spécifications et qualifications prévues dans votre système de management de la sécurité des denrées alimentaires (SMSDA).

L’exigence c), selon ma compréhension, s’applique au niveau de l’approvisionnement d’animaux, de poissons et de fruits de mer auprès d’éleveurs (ou pêcheurs). Il serait pertinent d’ajouter, si ce n’est déjà fait, dans la qualification de vos fournisseurs de viandes, poisson et fruits de mer, l’obligation du respect des règlementations applicables au Canada et/ou aux pays où les produits concernés seront exportés au niveau des substances interdites en lien avec l’élevage (ex.: pesticides, antibiotiques, etc.).

Dans le cas de la section d), un processus d’examens des spécifications des produits doit être établi, mis à jour et maintenu pour garantir la conformité en continu. Rien de vraiment nouveau étant donné que la version 2018 d’ISO 22000 est fondée sur l’amélioration continue.

2.5.2    Étiquetage des produits

L’exigence additionnelle 2.5.2 précise que «toutes» les exigences légales et règlementaires «applicables1», en lien avec le pays de vente des produits finis doivent être identifiées pour que leur étiquetage y réponde, ainsi qu’aux exigences clients s’il y a lieu. Habituellement, les exigences légales et règlementaires tiennent compte des allergènes à déclarer. Il n’y a pas vraiment de nouveau.

Dans le cas des produits «non étiquetés», il faut aussi tenir compte des lois et règlements. Pour les règlements au Canada, se référer au RSAC.

Les nouveautés.

2.5.10   Stockage et entreposage

Cette exigence additionnelle concerne toutes les catégories de la chaîne alimentaire. L’exigence 2.5.10 a) est nouvelle comme exigence additionnelle, mais les principes FEFO/FIFO étaient déjà mentionnés dans l’exigence 16.2 d’ISO/TS 22000-1 :2009.

L’exigence 2.5.10 b) concerne l’abattage. Si vous faites affaire directement avec les abattoirs, il serait pertinent de questionner quelles sont les exigences spécifiées qui définissent le temps et la température après abattage en relation avec le refroidissement ou la congélation des produits.

2.5.11   Contrôle des risques et mesures de prévention de la contamination croisée

La section b) s’applique uniquement à la catégorie CI, soit la transformation des produits animaux périssables au niveau des procédés d’attente et d’éviscération pour s'assurer que les animaux sont propres à la consommation humaine. Il serait pertinent de demander aux abattoirs et/distributeurs avec lesquelles vous transigez, quelles sont leurs exigences au niveau de l’attente et de l’abattage «pour empêcher, maîtriser et détecter la contamination».

Dans le cas des abattoirs sous juridiction fédérale, l’ACIA propose des «lignes directrices concernant le plan de contrôle préventif pour le bien-être des animaux lors de l'abattage des animaux destinés à l'alimentation2». On y retrouve des éléments de contrôle concernant l’attente et l’abattage.

2.5.12   Vérification des PRP

L’exigence additionnelle 2.5.12 vient renforcir l’importance d’avoir une fréquence de vérification permettant de démontrer que le SMSDA est maîtrisé et efficace en tout temps.

Le fait de préciser que «la fréquence et le contenu des inspections sur site / contrôles PRP» doivent être «basés sur le risque avec des critères d'échantillonnage définis et liés à la spécification technique pertinente» oblige une réflexion pour justifier que l’efficience du SMSDA est continue et que les pertes de contrôle sont rapidement détectées.

2.5.13   Développement de produits

Répondre concrètement à ces questions vous permettra de démontrer la conformité à cette exigence.

N’hésitez pas à me contacter pour en discuter!

Références:

  1. Information sur l'étiquetage, les normes d'identité et la classification https://www.inspection.gc.ca/exigences-en-matiere-d-etiquetage-des-aliments/etiquetage/fra/1299879892810/1299879939872

Lignes directrices concernant le plan de contrôle préventif pour le bien-être des animaux lors de l'abattage des animaux destinés à l'alimentation. ACIA. https://www.inspection.gc.ca/salubrite-alimentaire-pour-l-industrie/exigences-et-documents-d-orientation-relatives-a-c/produits-de-viande-et-animaux-pour-alimentation-hu/lignes-directrices-bien-etre-des-animaux/fra/1523882301730/1523882392898#a3

La guerre des mots ou des égos?

L’histoire se répète

Il y a un «après le virus SRAS-CoV-1» ou un «avant SRAS-CoV-2 (COVID-19)» suivi d’un «pendant la COVID-19». À la suite du premier épisode de SRAS en 2003 qui a entraîné la mort de 44 personnes à Toronto, plusieurs documents on fait l’objet de recommandations objectives.

En 2004, le comité ministériel sur les mesures de précaution contre le SRAS a publié le document «orientations sur les mesures collectives et recommandations sur les mesures individuelles de prévention du SRAS pour les travailleuses et travailleurs de la santé du Québec»1.

Il est mis en évidence, dans ce document, que les travailleurs de la santé doivent être protégés au-delà des cas d’interventions médicales générant des aérosols (IMGA). Il est documenté qu’un masque N-95 doit être porté dès l’entrée dans la chambre d’un patient atteint ou soupçonné d’être atteint d’une infection transmissible par voie aérienne. Il n’est pas question de gouttelettes, seulement d’aérosols dans ce document. À cette époque post SRAS-CoV-1, on s’est permis un post-mortem rigoureux et objectif.

Le principe de précautions

En janvier 2003, l’INSPQ a publié un «Cadre de référence en gestion des risques pour la santé dans le réseau québécois de la santé publique2». Dans la synthèse des principes directeurs de gestion de risques pour la santé, on y définit la prudence comme étant :

«La gestion des risques par la santé publique doit, prôner la réduction et l’élimination des risques, chaque fois qu’il est possible de le faire et ladoption dune attitude vigilante afin dagir de manière à éviter tout risque inutile. Cette attitude sexerce tant dans un contexte de relative certitude (prévention) que dincertitude scientifique (précaution)».

Selon ce même document, la précaution vise «à éviter des risques potentiels, i.e. des risques mal connus, entachés d’incertitude et associés à un danger hypothétique, mais jugé plausible». Qu’est-ce que ça prend de plus au gouvernement pour mettre en application le principe de précaution pendant la pandémie actuelle?

Deux poids, deux mesures.

En septembre 2020, l’institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) publiait : «Regard du CINQ sur la : Revue systématique de la littérature scientifique avec méta-analyse sur l’efficacité des méthodes barrière pour protéger contre la COVID-19 dans les environnements de travail et personnels3». On y recommande pour la COVID-19, le port du masque chirurgical ou de procédure dans la majorité des situations en milieu de soins, le N95 étant recommandé pour les IMGA». Toujours selon l’INSPQ, le rôle des IMGA dans la transmission aux travailleurs de la santé «est encore à documenter» et «c’est par extrapolation avec les études sur le SRAS-CoV-1 et d’autres virus que les hypothèses sont effectuées»3. On se base sur «une revue systématique largement citée sur la transmission du SRAS-CoV-1 chez des travailleurs de la santé œuvrant en centre hospitalier ou aux soins intensifs a démontré une transmission aérienne de façon constante que pour une seule IMGA : l’intubation trachéale». Ces recommandations sont dans la même lignée que celles émises par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pourquoi cette volteface? Pourquoi nier les études, orientations et recommandations précédentes émises à la suite du premier épisode de SRAS? À cause de la pénurie potentielle d’équipement de protection individuelle adéquate à la situation? À cause des coûts?

Une avalanche de mauvaises décisions

La propagation du SRAS-CoV-2 est fulgurante. Nos politiciens et les grands penseurs de la Santé publique font fi systématiquement de recommandations justifiées et s’accrochent désespérément au principe que la transmission du SRAS-CoV-2 se fait par gouttelettes et non par aérosols. Ledit virus lui s’en donne à cœur joie… Personne ne peut nier ce fait.

Plus on s’acharne à restreindre par toutes sortes de moyens le grand public, plus ces décisions ont un effet pervers. On oblige le port de masque barrière dans tous les lieux publics sans en donner un minimum de caractéristiques de performances. Tout le monde en porte, mais dans la plupart des cas pour en faire des biocollecteurs favorisant la transmission et donner un faux sentiment de protection. Combien de personnes avez-vous vu transporter leur masque non utilisé dans un contenant étanche? Et se laver les mains autant au préalable qu’après son port?

On annonce «à l’avance» les décisions pour protéger le public. Et quelle est la réaction de ce dernier? Sa réaction est proportionnelle au «manque» que la directive va créer. On décide de fermer les commerces non essentiels à une date prédéterminée. L’effet, tout le monde se «garroche» dans leur magasinage. On doit considérer la santé mentale, mais avant toute chose, on devrait aussi penser à ce que fera le commun des mortels pour contourner ou amoindrir les effets de ces directives.

Pendant ce temps, la propagation est exponentielle. Ce sont nos travailleurs de la santé qui en payent le prix. Les ergothérapeutes à l’URFI doivent continuer à traiter des patients en zone rouge sous prétexte que ceux-ci ne doivent pas être brimés de leur thérapie. Où est l’erreur? Pendant ce temps le gouvernement fédéral «étudie» l’impact d’interdire les voyages non essentiels. Cette question aurait dû être réglée bien avant les fêtes. Ça prend un seul mutant pour repartir le bal.

Le prix à payer

Dans l’article de La Presse du 4 janvier 2021, l’histoire se répète, on mentionne la chance que nous avons, au Canada, de «posséder une riche expertise en santé publique, en génie et en santé et sécurité du travail. En 2003, dans le cas du SRAS CoV-1, les mêmes erreurs ont été commises»7. Pourquoi ne pas reconnaître que le virus n’en a rien à faire de notre guerre de mots? Il se propage, un point c’est tout. Il se paye notre tête. Le vieil adage dit que ce que l’on ne sait pas ne fait pas mal. J’ai toujours dit que le commun des mortels croit aussi que ce que l’on ne voit pas ne fait pas mal. Et cela s’applique encore malheureusement en 2021 tout comme le fait que c’est dû chacun pour soi comme le fait si bien ressortir un autre article de La Presse paru le 3 janvier 2021, «génération nombril7».

Le principe de Pareto s’applique encore une fois. Pour 20% de la population qui ne respectent pas les consignes, 80% en payent le prix des directives.

Le principe de précaution a été bafoué à plusieurs reprises. Chaque hésitation propulse la propagation à un niveau supérieur en nombre de personnes atteintes, en dommages collatéraux, mais aussi en temps que durera cette pandémie. Ce sera difficile de reconduire nos élus aux prochaines élections, car après presque un an, l’avion ne se construit plus en plein vol.

L’essentiel, c’est la santé!

  1. Orientations sur les mesures collectives et recommandations sur les mesures individuelles de prévention du SRAS pour les travailleuses et travailleurs de la santé du Québec. Comité ministériel sur les mesures de précaution contre le SRAS. Rapport final. Mai 2004. https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2004/04-210-02W.pdf
  2. INSPQ. Cadre de référence en gestion des risques pour la santé dans le réseau québécois de la santé publique. Janvier 2003. https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/163_CadreReferenceGestionRisques.pdf
  3. Regard du CINQ sur la : Revue systématique de la littérature scientifique avec méta-analyse sur l’efficacité des méthodes barrière pour protéger contre la COVID-19 dans les environnements de travail et personnels. 4 septembre 2020.
  4. INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). Interventions médicales générant des aérosols chez les cas suspectés ou confirmés COVID-19. Dernière mise à jour le 26 novembre 2020 – Version 3.1
  5.  
  6. LOI SUR LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/S-2.1/
  7. Règlement sur la santé et la sécurité du travail. chapitre S-2.1, r. 13 http://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cr/S-2.1,%20r.%2013
  8. L’histoire se répète. La Presse+, édition du 4 janvier 2021, section débats, écran 4 https://plus.lapresse.ca/screens/c6d8bfd1-c1f6-4557-a374-2d7b19908d93__7C___0.html?utm_content=email&utm_source=lpp&utm_medium=referral&utm_campaign=internal+share
  9. COVID-19. Génération nombril. La Presse +, édition du 3 janvier 2021, section débats, écran 6 https://plus.lapresse.ca/screens/85607078-9eac-46c5-b750-3eeecfc06434__7C___0.html

Références

Les masques artisanaux, vérités et conséquences.

Que ce soit pour réserver les masques destinés au personnel soignant ou pour se protéger contre d'éventuelle pénétration virale au niveau de la bouche ou du nez, autant de son utilisateur ou que d’une personne se trouvant à proximité, il faut se rendre à l'évidence, il y aura des opportunistes qui offriront toutes sortes d'alternatives de protection. Ces dernières seront, dans bien des cas, malheureusement de type placebo. Les adeptes du «c'est mieux que rien» s'en donneront à cœur joie étant donné que nos deux paliers gouvernementaux montrent une ouverture au niveau des masques de fabrication non médicale!

Saviez-vous que l'AFNOR, organisme de normalisation, a publié gratuitement un guide1 sur les exigences minimales, méthodes d'essais, de confection artisanale ou fabrication en série de masques barrières? Je vous partage les grandes lignes dans cet article. Je vous invite à prendre connaissance de l'intégralité du guide et de ses mises à jour, avant de vous lancer, soit dans la confection ou dans l'achat de ce type de masques. En téléchargeant le guide, vous serez automatiquement averti de la mise à jour d’une nouvelle version.

Un complément aux gestes barrières et aux règles de distanciation sociale aux personnes saines ou asymptomatiques.

Le port de masque, peu importe quel type, est perçu comme la protection ultime plutôt qu’un complément, tout comme le port de gants. Pourtant, les conséquences entourant les mauvaises pratiques d’utilisation peuvent être désastreuses. Ce faux sentiment de protection fait en sorte que les gardes sont rapidement baissées si des réflexes autant personnels que professionnels ne sont acquis. L’ennemie peut donc sans grand effort retrouver le chemin pour atteindre les voies d’entrée, soit notre bouche, notre nez et nos yeux.

Comme mentionné sur le site du gouvernement du Canada2, «Rien ne prouve que le port d'un couvre-visage/masque non médical dans la communauté protège la personne qui le porte et ne remplace pas l'éloignement physique et le lavage des mains.» J’ajouterais aussi tous les gestes barrières comme d’éviter de se toucher le visage et de tousser dans son coude ou dans un mouchoir.

Il est important que les masques, peu importe le type, soient portés en contact direct avec une peau nue, donc sans barbe ni obstruction.

Une absence de soumission à une évaluation de conformité par des organismes certifiés ou des laboratoires.

Le guide de l’AFNOR précise que les masques proposés ne sont pas soumis à une évaluation de conformité par des organismes certifiés ou des laboratoires. C’est la responsabilité du fabricant que sa conception et sa fabrication respectent les règles de l’art et fasse l’objet d’un contrôle de qualité.

Les exigences.

Celles-ci passent de l’inspection visuelle, aux dimensions, à l'emballage, matériaux, nettoyage, séchage, pénétration de la monocouche ou du composite multicouche à l’innocuité vis-à-vis de la peau et de l’air inhalé, sans oublier les sangles d’attache. Les matériaux utilisés ne doivent pas présenter de résistance respiratoire.

Des exigences particulières sont disponibles autant dans le cas de fabrication en série que dans la confection artisanale. Il y est question de nettoyage, séchage. Au niveau de la pénétration de la monocouche et du composite multicouche ainsi que de la résistance respiratoire, des références spécifiques sont disponibles. Elles seront résumées dans la prochaine section.

La confection et les matériaux recommandés.

À ce jour, même les considérations émises par le gouvernement du Canada2, ne précisent pas la masse surfacique conforme aux exigences de perméabilité à l’air et de protection aux projections. Ces informations sont par contre précisées dans le guide de l’AFNOR1. La confection «idéale» doit tenir compte de la morphologie de la personne utilisatrice. Deux types de masques sont décrits dans le guide de l’AFNOR, soit celui de type «bec de canard» et celui «à plis». L'enjeu n'est pas tant la confection, mais plutôt le choix des matériaux. Il n'est pas toujours évident de trouver les masses surfaciques selon la composition des matériaux, particulièrement sur des sites québécois.

Pour la confection, les explications des deux types de masques sont bien décrites dans le guide de l’AFNOR.

Dans le cas des matériaux, le tableau suivant résume ceux considérés conformes tant au niveau de la perméabilité à l’air que la protection aux projections. Le défi sera donc que cette information soit disponible lors de l’achat des matériaux et par la suite des masques artisanaux. Permettez-moi d’émettre un doute à ce sujet, mais minimalement, vous saurez à quoi vous en tenir et poser des questions pertinentes aux fabricants!

L'utilisation, le retrait et l'entretien, connaître les conséquences des gestes.

Le port d'un masque barrière peut donner un faux sentiment de protection. Il est indispensable de comprendre qu'il doit être associé à d'autres gestes barrières comme le lavage des mains, l'évitement à se toucher le visage, tousser ou éternuer dans son coude ou un mouchoir et la distanciation sociale. L'utilisation d'un tel type de masque doit être compatible avec le port d'équipement de protection individuelle (lunettes, casque, protection contre le bruit, etc.).

L'entretien: Le masque doit être lavé au préalable et à la suite de l’utilisation par un cycle complet (mouillage, lavage, rinçage) d'un minimum de 30 minutes à une température supérieure ou égale à 60°C. Il doit être séché complètement dans un délai de deux heures à la suite de son lavage. Ils ne doivent jamais être séchés à l'air libre. Il est primordial que les mains soient propres lors de la manipulation des masques lavés avec les mains propres. L'intégrité du masque doit être vérifiée avant chaque utilisation.

La mise en place doit se faire à la suite d'un lavage complet des mains, sur une peau nue (absence de cheveux ou de barbe entre le masque et la peau). Le haut du masque correspond à la barrette nasale permettant d'ajuster le masque sur le nez. Positionner le masque sur le visage en le tenant par les élastiques ou les liens qui s'ajusteront, sans se croiser, de part et d'autre des oreilles ou derrière la tête. Le masque doit être abaissé sous le menton pour bien le recouvrir. Un masque bien ajusté doit être étanche, sans gêne respiratoire. Il doit se plaquer contre le visage si on lui applique un film de plastique lorsqu'on inspire.

La durée d'utilisation dépend des souillures, de la présence d'humidité ou du mauvais positionnement sur le visage. Une période maximale de 4 heures doit être respectée, sans réutilisation possible pendant ou après cette période.

Le retrait sans se contaminer commence par un lavage préalable les mains. Le masque est retiré par les élastiques ou les sangles sans toucher à la partie avant du masque. Dans le cas des masques lavables, les placer dans un contenant spécifique lavable ou un sac de plastique, puis se laver à nouveau les mains et considérer le contenant des masques souillés comme une source potentielle de contaminations.

L'acquisition de réflexes. L'importance doit être la priorisation des mesures de protection collective par rapport aux protections individuelles, mais aussi miser sur le jugement de la source d'approvisionnement de masques artisanaux. De plus, avez-vous les réflexes de vous assurer que la composition des matériaux des masques que vous allez acheter respecte minimalement ce qui est recommandé dans le guide de l'AFNOR? Ces masques sont-ils accompagnés des directives de nettoyage et séchage? Sont-ils des placebos?

En temps de pandémie, l'effet placebo prend une tout autre dimension. Restez vigilant et rigoureux est un réflexe important à acquérir et à maintenir bien au-delà de la pandémie actuelle.

1 Masques barrières. Guide d'exigences minimales, de méthodes d'essais, de confection et d'usage. AFNOR SPEC S76-001. 27 mars 2020. https://www.snof.org/sites/default/files/AFNORSpec-S76-001-MasquesBarrieres.pdf

2 Considérations visant l'utilisation de masques faits maison pour vous protéger de la COVID-19. Gouvernement du Canada. 2020-04-19. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/instruments-medicaux/activites/annonces/covid19-avis-masques-faits-maison.html

3 Masques maison : mieux que rien. Le pharmachien. http://lepharmachien.com/masques/

Stabilité des aérosols du SARS-CoV-2 sur les surfaces.

Voici un résumé sur la stabilité du virus SARS-CoV-2 responsable de la maladie COVID-19

La compréhension de la survie du SARS-CoV-2 sur les surfaces comme facteur de transmission est non négligeable dans la logistique de contrôle en industrie alimentaire. Ce résumé se veut un outil de base pour prendre des décisions en date de la rédaction de ce document. Il est très probable que des avancés de la recherche changent ultérieurement les données résumées. Ces dernières se veulent un outil d'identification de certaines balises permettant d'actualiser et/ou de valider les façons de faire. L'importance actuellement est de démontrer la prise en charge des contaminations potentielles provenant des surfaces en contact avec les aliments.

Il est aussi primordial de garder en tête que ce coronavirus contient un ARN et nécessite une cellule avec ADN pour se répliquer. Cela implique qu'il pourrait y avoir des différences notables entre les résultats in vitro versus in vivo.

Les résultats indiquent que la transmission des aérosols et des objets contaminés par des agents infectieux et susceptibles de propager l'infection (fomites) du SRAS-CoV-2 est plausible, car le virus peut rester infectieux dans les aérosols pendant des heures et sur des surfaces jusqu'à plusieurs jours (dépendant de l'inoculum)1.

Selon une étude datant de 2011, la principale voie de transmission du SARS CoV-1 est via les gouttelettes respiratoires2. Ces gouttelettes peuvent venir en contact avec différentes surfaces2. D'où l'importance d'éternuer dans son coude pour diminuer la «propulsion virale». La stabilité du virus sur différentes surfaces lisses a été étudiée à différentes températures et humidités relatives. Le virus sur des surfaces lisses et sèches a conservé sa «viabilité» pendant plus de 5 jours à des températures de 22 à 25°C et une humidité relative de 40 à 50%, c'est-à-dire des environnements climatisés typiques2. La «viabilité» du virus a été rapidement perdue (> 3 log (10)) à des températures plus élevées et une humidité relative plus élevée (par exemple, 38°C et une humidité relative> 95%)2. Les résultats pourraient s'avérer différents dans les zones de production réfrigérées.

Aérosol et surfaces: la stabilité du SARS-CoV-2 comparé au SARS-CoV-1

SARS-CoV-2 est plus stable sur le plastique et l'acier inoxydable que sur le cuivre et le carton1. Le virus «viable» a été détecté jusqu'à 72 heures après l'application sur le plastique et l'acier inoxydable1. La cinétique de stabilité du SARS-CoV-1 (2003) est similaire, ce dernier étant le coronavirus humain le plus proche du SARS-CoV-21. Étant donné que le premier a fait l'objet de plusieurs études, il est donc intéressant de les comparer de façon à pouvoir anticiper plus rapidement certains faits dans un contexte de pandémie.

Sur le cuivre, aucun SARS-CoV-2 «viable» n'a été mesuré après 4 heures et aucun SARS-CoV-1 «viable» n'a été mesuré après 8 heures1. Ces données ne sont pas surprenantes puisque le cuivre est un inhibiteur naturel.

Sur le carton*, aucun SARS-CoV-2 «viable» n'a été mesuré après 24 heures et aucun SARS-CoV-1 «viable» n'a été mesuré après 8 heures1. Par contre, dans le cas de la «viabilité» sur le carton*, l'article indique d'être prudent dans l'interprétation de ce résultat étant donné qu'il y avait plus de variations dans l'expérience, entraînant une erreur standard plus importante1.

Les virus ont été appliqués au cuivre, au carton, à l'acier inoxydable et au plastique maintenus entre 21 et 23°C et 40% d'humidité relative sur 7 jours1. Ce qui n'est pas représentatif de toutes les industries alimentaires.

Surfaces (SARS-CoV-2)Temps (heures)
Plastique72
Acier inoxydable72
Carton*24*
Cuivre4

Les données sur la grippe, sources d'informations à considérer3.

Les facteurs environnementaux des flambées de grippe sont largement inconnus. Malgré plus de 50 ans de recherche, il existe des sources de données contradictoires sur le rôle de l'environnement dans la survie, la stabilité et la transmissibilité du virus de la grippe A (IAV). Les facteurs qui dictent la gravité et la propagation de la grippe comprennent le virus, les hôtes naturels et acquis, les interactions virus-hôte, la persistance environnementale, la stabilité et la transmissibilité du virus et les interventions anthropiques.

La persistance du virus dans différents environnements est sujette à des variations mineures de la température, de l'humidité, du pH, de la salinité, de la pollution de l'air et des radiations solaires. Le mécanisme de survie du virus dans les conditions de fraîcheur, de sécheresse ou d'humidité et de pluie est largement déterminé par la présence de sels et de protéines dans les gouttelettes respiratoires.

En conclusion

L'important est de rester critique par rapport à ces données tout en s'assurant de poser le maximum de gestes concrets permettant de protéger autant les employés de production que les surfaces alimentaires et les consommateurs. Les emballages, peu importe leurs caractéristiques, sont des vecteurs à considérer. Il ne faut pas négliger l'hygiène du personnel attitré à la mise en boîte ni celui des responsables de la réception et de l'expédition de vos produits.

Références

  1. van Doremalen N, Bushmaker T, Morris DH, et al. Aerosol and surface stability of SARS-CoV-2 as compared with SARS-CoV-1. N Engl J Med. DOI: 10.1056/NEJMc2004973 March 17, 2020, at NEJM.org. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2004973
  2. Chan KH, Peiris JS, Lam SY, Poon LL, Yuen KY, Seto WH. The effects of temperature and relative humidity on the viability of the SARS coronavirus. Adv Virol 2011; 2011: 734690. CB: SARS-Cov-1 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22312351
  3. Annu Rev Anim Biosci. 2015;3:347-73. doi: 10.1146/annurev-animal-022114-111017. Epub 2014 Nov 12. Environmental role in influenza virus outbreaks. Sooryanarain H1, Elankumaran S.
  4. OMS. SARS (Severe Acute Respiratory Syndrome). https://www.who.int/ith/diseases/sars/en/#

Le lavage des mains, David contre Goliath

Qui est David, qui est Goliath?

Selon vous, entre le lavage des mains et les micro-organismes, lequel est David, lequel est Goliath? La même question se pose entre le lavage des mains et les gels antimicrobiens, et aussi entre les gels antibactériens et les micro-organismes? L'expression David contre Goliath vient d'un récit sur le combat entre des adversaires de forces inégales. La lutte peut être égale ou inégale entre tous ces adversaires selon entre autres les méthodes utilisées et comment vous comprenez et maîtrisez les différents enjeux. En sachant pourquoi vous faites tels ou tels gestes, vous pourrez maîtriser les différents types de micro-organismes et plus particulièrement les pathogènes.

Le lavage des mains contre les micro-organismes

À première vue et pour les usages courants de notre vie quotidienne, Goliath est le lavage des mains et les micro-organismes sont David. Si nous y regardons d'un peu plus prêt, un lavage des mains sans au préalable se mouiller les mains ou en refermant les robinets directement avec nos mains fraîchement lavées fera en sorte que les microbes ou la peau asséchée leur permettront de faire comme dans la légende, soit rendre inefficace le lavage des mains qui de prime abord devait l'être.

Il faut se mouiller les mains avant de mettre du savon pour empêcher l'agression directe du nettoyant et un assèchement important plus particulièrement lors de lavages fréquents. Une peau asséchée peut crevasser et par le fait même causer d'autres problèmes de contamination. De plus, cela diminue le nombre de lavages des mains étant donné l'inconfort et les agressions répétitives du nettoyant que l'on veut éviter.

Il faut toujours fermer les robinets sans contact direct avec les mains. Le papier avec lequel nous nous sommes asséchés devient alors un précieux allier, tout autant pour ouvrir la porte de l'endroit où l'on se trouve s'il y a lieu. Pensez que tout ce que vous touchez après vous être consciencieusement lavé les mains peut anéantir l'objectif initial visé par une méthode impeccable.

Une méthode efficace du lavage des mains:

  1. S'assurer que le papier à main est disponible (la clenche du distributeur pourrait vous recontaminer si vous l'utilisez après le savonnage).
  2. Mouiller vos mains.
  3. Ajouter le savon.
  4. Frotter toutes les surfaces: les pouces, entre les doigts, les paumes en grattant avec le bout des doigts et ongles, le dessus des mains.
  5. Bien rincer.
  6. Essuyer complètement les mains.
  7. Fermer les robinets avec le papier à main.
  8. Ouvrir la porte s'il y a lieu avec le même papier.

Le lavage des mains contre les gels antimicrobiens

Est-ce que la lutte est égale entre le lavage des mains et les gels antibactériens? Un fait important à comprendre, c'est que pour qu'un désinfectant soit efficace, la surface doit au préalable être nettoyée. Dans le secteur alimentaire, le nettoyage au préalable de l'assainissement est bien ancré dans les façons de faire. Alors pourquoi cette simple logique ne peut-elle pas s'appliquer lorsque l'on veut se débarrasser des contaminants sur les mains? Et par contaminants, je n'entends pas uniquement les micro-organismes, je pense aussi aux saletés, allergènes et même aux diverses sécrétions provenant entre autres de l'action de se moucher.

Les gels antibactériens sont testés par des méthodes reconnues sur des mains propres. Il est impensable de faire de tels tests sur des mains ayant tous les types de «saletés» prévisibles. Alors lorsque vous utilisez un gel antibactérien sur des mains sales, les saletés présentes créent une «protection» ne permettant pas un accès direct aux micro-organismes présents. Le lavage des mains complet avec de l'eau et du savon reste la meilleure façon de réduire la charge bactérienne. Si vous n'avez pas accès à des équipements de lavage complet des mains, évitez de vous toucher la figure, les yeux, le nez et la bouche. C'est un réflexe difficile à ancrer, mais efficace pour éviter de s'infecter. Alors, prenez conscience de vos gestes.

Les gels antibactériens contre les micro-organismes.

Entre les gels antimicrobiens et les micro-organismes, lesquels sont David, lesquels sont Goliath? Comme mentionné précédemment, les gels antibactériens ont une efficacité réduite sur une surface sale. Si vous regardez un peu plus près les directives des fabricants de gels antibactériens, il est habituellement écrit qu'ils sont efficaces à la suite d'un lavage complet des mains. Mais qui lit les directives? Autre fait important, Miller (1994) a démontré, par différentes méthodes sur trois antiseptiques différents à base d'alcool vaporisés sur les mains que l'augmentation de charge microbienne pouvait varier entre 156,7% et 327,3%1. Certaines études ont même démontré qu'il n'y a pas de différence significative entre les gels à base d'alcool et ceux sans alcool2. L'efficacité des gels antibactériens est microbiologiquement plus efficace in vitro qu'in vivo3.

Restez vigilant.

Il n'y a rien de parfait. En microbiologie, tout n'est pas noir et tout n'est pas blanc. La prise de conscience des différents enjeux reste un allié précieux dans la prévention de contaminations et des infections.

1 Miller, M. L., L. A. James-Davis, and L. F. Milanesi. 1994. A field study evaluating the effectiveness of different hand soaps and sanitizers. Dairy Food Environ. Sanit. 14:155–160.

2 Song,D. H. Heacock. 2016. Evaluating the Effectiveness of Alcohol-based Hand Sanitizers compared to Alcohol-free Hand Sanitizers. School of Health Sciences, British Columbia Institute of Technology.

3 Widmer, A. F. 2000. Replace Hand Washing with Use of a Waterless Alcohol Hand Rub? A. Weinstein, Section Editor.